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  • karroland

Supervision / intervision de pratiques professionnelles : approche systémique indispensable !




Prendre du recul sur sa pratique aujourd’hui nécessite de mon point de vue d’aborder différents aspects de celle-ci et d’observer autant les éléments internes à la relation avec le client, que les éléments externes qui y sont étroitement reliés.


Pour moi, il est fondamental d’intégrer la perception et la compréhension des différentes visions du monde qui interviennent, s’intègrent ou interfèrent dans les relations accompagnants / accompagnés.

Que l’on soit coach, facilitateur, professionnel des relations humaines ou manager, on est confronté aujourd’hui à communiquer avec des personnes qui ont des visions du monde différentes.

Différentes entre elles et différentes de la nôtre !

Une vision du monde n’est pas seulement une simple opinion ou une croyance.

Il s’agit plutôt d’un ensemble de croyances, de comportements, de façons d’envisager la vie personnelle, la vie en société, et de déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Ce sont des manières bien particulières de communiquer et d’interagir avec les autres.

La notion de vision du monde inclut aussi les normes sociales, la manière dont les structures de la sociétés s’établissent, les motivations profondes qui fondent une vie, individuellement et collectivement.

Ainsi, dans mes supervisions et intervisions, je travaille avec le modèle de la Spirale Dynamique qui parle de « systèmes de valeurs ».

Le modèle en identifie 8 à ce jour.

Huit façons différentes d’envisager la vie et d’interagir avec son environnement.

Huit types de motivations profondes.

Huit modèles de sociétés différentes.

Depuis des millénaires, l’Homme a fait évoluer ses visions du monde (ou systèmes de valeurs) et a ainsi pu lui-même améliorer ses conditions de vie au sens large.

Cependant, depuis 2 siècles, les changements s’accélèrent. Le temps se remplit et semble s’écouler plus vite. Les systèmes de valeurs se différencient de plus en plus, géographiquement parlant bien sûr, mais aussi entre les différentes strates des sociétés. Cette situations génère une sensation de ruptures entre les groupes humains.

Et la nouveauté de ces 100 dernières années, c’est que les différents systèmes de valeurs sont amenés à se côtoyer de plus en plus étroitement : le développement des moyens de déplacement et des technologies numériques ont d’une part rapproché les différentes parties du monde entre elles, et d’autre part facilité l’accès à l’information.

Ces deux éléments ont déterminé des échanges commerciaux et culturels plus larges et plus fréquents, à l’échelle des sociétés comme à l’échelle du monde.

Bref, nous n’avons jamais été autant en contact avec les autres visions du monde !

Et cela pour le meilleur et pour le pire !

Le meilleur : la découverte d’autres manières de vivre, la capacité de s’inspirer des autres pour faire évoluer ses propres conditions de vie, une tolérance et une curiosité accrue vis-à-vis de la différence, une évolution rapide de l’inclusion dans les sociétés, des échanges, de la solidarité, une empathie plus présente, …

Le pire : l’incompréhension, la peur et la méfiance de l’autre, le renfermement identitaire, le protectionnisme excessif, le racisme, la violence vis-à-vis des autres différents de moi, la répression des comportements incompris ou pas dans la norme, la guerre, …

Et paradoxalement, le meilleur co-existe avec le pire… Ce qui amène des sauts individuels et collectifs vers des transformations harmonieuses, mais aussi des épisodes d’intolérance et de rejet. Et le tout fait souvent émerger une sensation de chaos très inconfortable, voire inquiétante.

Nos sociétés occidentales sont ainsi des mosaïques d’îlots aux visions du monde différentes. Nous pouvons côtoyer au quotidien 3 ou 4 systèmes de valeur différents et interagir avec eux dans nos vies personnelles et professionnelles.

La qualité des interactions déterminera le type d’expérience que nous retiendrons de ces situations : plus l’interaction sera féconde, plus notre ouverture s’épanouira ; dans le cas contraire, nous nous fermerons et serons méfiants la prochaine fois.

En tant qu’accompagnant ou acteur du changement, les coachs, facilitateurs, professionnels des relations humaines ou managers sont particulièrement exposés à cette mosaïque : leur mission est de faire en sorte que celle-ci soit suffisamment harmonieuse pour autoriser une évolution et une construction individuelle ou collective.

Un rôle éminemment intéressant mais pas toujours facile !

En effet, le type de communication et les pratiques professionnelles que nous affectionnons ne sont pas toujours bien comprises, ni acceptées de la même manière selon les systèmes de valeurs des personnes que nous avons en face de nous.

Cela peut être déstabilisant et peut mettre en péril le succès d’un accompagnement ou de la conduite d’une équipe.

Pour pouvoir naviguer de façon un tant soit peu maîtrisée dans cet environnement kaléidoscope, les acteurs et accompagnants du changement ont besoin de prendre du recul et de se doter de repères qui leur permettront d’envisager l’ensemble du système composé par la mosaïque des visions du monde.

Les supervisions en face à face et les intervisions en petits groupes que je pratique ont pour objectifs de répondre à cette nécessité.

Je propose ainsi d’envisager les situations issues des pratiques professionnelles au travers du prisme des différentes visions du monde.

Nous y abordons les questionnements et les malaises en interrogeant les fondements des systèmes de valeurs en présence, ceux du professionnel, ceux des personnes qu’il accompagne et, le cas échéant, ceux de la structure professionnelle ou sociale dans laquelle il intervient.

Il s’agit ici d’une pratique systémique qui cherchera à éclairer les pratiques professionnelles en leur ajoutant des repères qui faciliteront une réflexion concrète sur la posture, la pratique et le positionnement des accompagnants.

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